« La démocratie est la pire forme de gouvernement. À l’exception de toutes les autres. »
— Winston Churchill
Systèmes & Pouvoir
Quand les processus légaux, démocratiques et rationnels sapent systématiquement les systèmes qu’ils sont censés protéger.

Érosion Démocratique
La structure :
Les systèmes démocratiques garantissent la liberté d’expression, de réunion et de vote. Les acteurs utilisent ces libertés pour militer en faveur de leur abolition. Les électeurs, agissant rationnellement dans leurs bulles informationnelles, élisent des représentants qui démantèlent les institutions démocratiques – légalement, démocratiquement.
Pourquoi chaque acteur est rationnel :
- Électeurs : – Choisissent des candidats qui promettent de résoudre leurs problèmes
- Politiciens : – Utilisent des outils légaux pour consolider le pouvoir
- Institutions : – Suivent les procédures établies, même quand elles sont utilisées contre elles
- Médias : – Maximisent l’engagement (l’indignation fonctionne)
Pourquoi cela échoue collectivement :
Le système ne peut pas se défendre sans violer ses propres principes. Interdire les partis antidémocratiques sape la liberté démocratique. Les autoriser risque la destruction du système.
Le piège : La force centrale de la démocratie (l’ouverture) devient sa vulnérabilité.

Sclérose Administrative
La structure :
Chaque échec déclenche une nouvelle règle. Chaque scandale exige une nouvelle conformité. Comme la fibrose médicale – le tissu fonctionnel remplacé par du tissu cicatriciel – les organisations se durcissent à chaque crise. Le système se protège en se paralysant.
Pourquoi chaque acteur est rationnel :
- Public : – Exige « cela ne doit jamais se reproduire »
- Politiciens : – Créent des règles pour démontrer l’action
- Administrateurs : – Mettent en place des garde-fous pour prévenir la récurrence
- Départements juridiques : – Ajoutent des procédures pour réduire la responsabilité
- Organes de surveillance : – Exigent de la documentation pour assurer la responsabilité
Pourquoi cela échoue collectivement :
Chaque règle est individuellement sensée. Collectivement, elles créent la paralysie. L’organisation devient trop rigide pour fonctionner, trop lente pour s’adapter, trop chargée pour innover. Comme le tissu fibreux : plus vous protégez, moins vous pouvez bouger.
Le piège : On ne peut pas déréglementer le tissu cicatriciel. Une fois sclérosé, irréversible.

Sommets Climatiques
La structure :
Les nations se réunissent pour négocier l’action climatique. Les délégués arrivent du monde entier en avion, générant du CO₂. Hôtels, centres de conférence, cortèges automobiles – tout intensif en émissions. L’acte de coordonner la politique climatique crée le problème qu’il est censé résoudre.
Pourquoi chaque acteur est rationnel :
- Pays : – Doivent participer pour influencer les accords
- Délégués : – Doivent être présents en personne (les négociations sérieuses exigent la présence)
- Villes hôtes : – Rivalisent pour accueillir (prestige, bénéfice économique)
- Compagnies aériennes/hôtels : – Fournissent les services nécessaires
Pourquoi cela échoue collectivement :
Plus la crise est urgente, plus il y a de sommets. Plus il y a de sommets, plus il y a d’émissions. L’infrastructure de coordination contribue au problème.
Le piège : Le processus de solution renforce le problème.

Capture Réglementaire
La structure :
Les régulateurs ont besoin d’expertise pour superviser des industries complexes. Les experts de l’industrie ont cette expertise. Les régulateurs embauchent dans l’industrie ou consultent des spécialistes de l’industrie. Avec le temps, les régulateurs adoptent les perspectives, les priorités et les angles morts de l’industrie.
Pourquoi chaque acteur est rationnel :
- Régulateurs : – Ont besoin de connaissances techniques qu’ils n’ont pas
- Experts de l’industrie : – Appliquent leur véritable expertise
- Entreprises : – Préfèrent une régulation informée au chaos non informé
- Public : – Veut une surveillance compétente
Pourquoi cela échoue collectivement :
Ceux qui ont les connaissances pour réguler ont des incitations à ne pas réguler efficacement. Ceux sans conflits d’intérêts manquent d’expertise. Le système optimise pour une régulation informée – et obtient une régulation capturée.
Le piège : La compétence exige la proximité. La proximité crée l’alignement.

Le Paradoxe de l’Immortalité
La structure :
Mémoire collective finie. Candidats infinis à l’immortalité. Les politiciens rivalisent pour la pertinence historique – consciemment (monuments, mémoires, « comment l’histoire me jugera-t-elle ? ») ou inconsciemment (projets d’héritage, institutions nommées). Jeu à somme nulle : Si on se souvient de vous, on oublie quelqu’un d’autre. La plupart seront oubliés – structurellement inévitable. Mais personne ne peut arrêter de rivaliser sans abandonner complètement.
Pourquoi chaque acteur est rationnel :
- Politiciens : – Cherchent un héritage (pourquoi sinon endurer la brutalité de la politique ?)
- Médias : – Couvrent ceux qui rivalisent le plus fort (c’est le spectacle)
- Historiens : – Écrivent sur les figures importantes (espace de livre limité)
- Public : – Se souvient des récits simplifiés (la complexité ne passe pas à l’échelle)
- Rivaux : – Rivalisent pour les mêmes places (instinct de survie)
- Autocrates : – Préfèrent l’infamie à l’obscurité (Poutine, Erdoğan – mieux vaut être craint qu’oublié)
Pourquoi cela échoue collectivement :
Tout le monde rivalise. La plupart perdent. Ceux qui le veulent trop visiblement (Trump – nom sur chaque bâtiment) deviennent des parodies. Ceux qui sont subtils pourraient rester invisibles. Ceux qui ne rivalisent pas sont effacés. L’histoire a des chapitres limités. Candidats illimités. La compétition est permanente. Le résultat est prédéterminé pour la plupart : l’oubli.
Le piège : Vous devez rivaliser pour compter. Rivaliser fait de vous un parmi des millions. Immortalité par le non-effort. Insignifiance par l’effort. Tout le monde joue. Presque tout le monde perd.
Plus d’exemples dans cette catégorie bientôt.